Football:Le souvenir d'un "INÉGALABLE STRATÈGE"

Publié le 28 Janvier 2014

 

Posté par Abdallah Babagayou.

 

 

 

 

img232

La JSMLAGHOUAT 1968-69.

 

C'est vrai que parfois, comme l'exprime, si bien, l'adage arabe : " une belle coïncidence vaux mieux que mille rendez-vous ", on se dit que le bon Dieu nous guide, même, dans le choix de nos décisions et destinations. 

   L'autre jour à Alger, voulant prendre la voiture de bon matin pour éviter l'infernal encombrement dont souffre la capitale, j'ai essayé de faire tourner le moteur un peu, avant de démarrer, mais le voyant témoin du niveau d'huile continuait de clignoter. Je jauge le niveau d'huile, et ce dernier n’atteignit même pas le  minimum. Pour ne pas perdre de temps, j'ai décidé de prendre un Taxi, et de régler ce problème plutard. Le temps de traverser la chaussée du boulevard Zighout Youcef et contempler, quelques instants, l'une des meilleurs baies du monde, et voila qu'un taxi qui se pointe à l'horizon, je lui ai fait signe de s’arrêter et, à ma grande joie, car, à Alger, il n'est pas évident de trouver un taxi, il actionna son clignotant et ralentit. Comme de coutumes, le chauffeur, voulant briser la glace, entama une discussion, et aussitôt que je lui ai dit que je suis de Laghouat, il a pris un bon souffle pour me raconter deux de ses meilleurs souvenir, selon lui, à savoir, le moudjahid Si Ahmed Laghouati, président du club ECA, ( Etihad Club d'Alger, oui avec un "E" ) dans les années 70. Un président qui, m'a-t-il dit, avait la générosité comme une deuxième nature, au point de payer, avec son propre argent, un voyage, en Espagne, à tous les joueurs après avoir réussi à gagner le championnat de la ligue d'Alger. J'ai essayé de savoir le nom de ce Moudjahid Laghouati, mais notre ami ne se rappelle plus, et donc je fais appel à SI Ahmida Mimouni pour nous éclairer là-dessus.

   Son second impérissable souvenir est son déplacement à Laghouat, au début des années soixante dix, en tant que joueur, avec cette même équipe.  "Je n'ai jamais vu autant de générosité, nous  passâmes trois jours à l’hôtel et les gens de Laghouat étaient tellement généreux que nous n'avions même pas eu le temps de mettre nos main à nos poches." , dit-il.   

   A cette époque, Monsieur Bouras Boualem, le fameux chauffeur de taxi,  jouait comme arrière central ( libéro ), et ce poste lui permettait d'avoir une vue dominante et scruter l'ensemble des joueurs et ,notamment, Ahmed Benhaouache dans ses grandes œuvres: " Je me rappelle de cette fameuse équipe de Laghouat, et surtout leur milieu inter-droit, le numéro huit. Depuis lors, aucun autre joueur n'a réussit à effacer de ma mémoire l'admiration que j'ai eu pour son talent, ses prouesses  techniques et surtout sa vision de jeu. Il était un inégalable stratège." dixit-il, avec l'accent algérois d'antan.  

   Quand j'ai raconté, à mon retour à Laghouat, cette petite aventure  à un autre ex-excellent joueur du RCL et de la JSML, Dali Kaddour lors d'une rencontre quotidienne au café de "Rahbét ézzaytoun", et,comme d'habitude, à la suite d'un tour d’horizon sur les principales préoccupations, faisant la une de tous les quotidiens et autres "masse média", à savoir la situation en Syrie et en Égypte, principalement, nous avons enchainé avec l'histoire de Laghouat et sa richesse en matière de culture, musique,  et surtout de sport. Dali m'affirma : "Tu sais Abdallah, le meilleur joueur de Laghouat, toute génération confondue est , sans concurrent, Ahmed Benhaouache.". Après un laps de temps de silence, accompagné d'un soupir sortant de ses tréfonds, lui permettant de puiser de sa mémoire les images de quelques phases du match qui les opposaient à l'équipe de Bordj ménail, où notre maestro Benhaouache conduisit son équipe à la victoire et quelle victoire!, ils étaient mené un but à zéro et, dix minute  après, Benhouache, sur un exploit individuel, élimina toute la défense et servit, sur un plateau, le ballon à Mabrouk Ferhat qui le  mit dans les filets et égalisa. La deuxième mi-temps, et presque à la fin du match, Benhaouache élimina, une deuxième fois, les deux joueurs qui, apparemment, avaient eu des consignes strictes de marquer, de très  près, le numéro huit, considéré comme la plaque tournante, de cette  équipe, trouble-fête, qui venait du sud pour fausser une joie préalablement considérée acquise, s'échappa sur la droite et centra en retrait sur Dali kaddour qui, par la tête, marqua un deuxième but pour la JSML. Ce fut sur le score de 2 à 0 que le match se termina sous l’amertume du gout d'inachevé tant pour l'équipe,abattue, de Bodj Menail que pour son publique . 

   Un autre bon souvenir de notre ami kaddour Dali, que je ne peux ne pas le citer, est celui d'une phase de jeu. " lors d'un match à l’extérieur face à Chlef. " A quelque minute de la fin du match où la JSML était menée par le score d'un but à zéro, une dernière chance se présenta à nous, grâce à un coup franc indirect concédé par l'équipe adverse à 35 mètres du but , et sans se dire le moindre mot  , tout le monde était conscient de cette opportunité. Je fut devant le ballon, Bouzalékh kada à quelques mètres devant, Mabrouk ferhat à ma droit pas loin de Moulay Benahmed à l’extrême droite. A ma gauche, Benhaouache et Raouane plus écarté sur la gauche, je fis un passement de jambes à droite faisant semblant de faire une passe et au même temps Benhaouache perça vers les dix-huit mètres attirant quelques joueurs du mur vers lui, et du même geste vers la  gauche, Mabrouk Ferhat accentua la brèche dans le mur, je fis une passe entre les jambes, écartées, de kada Bouzalékh et ce dernier se trouva face au gardien de but pour tirer en raz de terre et ce fut l'égalisation.", ajouta Dali kaddour, qui, selon Ahmed Benhaouache, et lors d'un entretien que j'ai eu avec lui, récement au téléphone, aurait pu excellé encore plus, si ce n'était sa brève carrière. 

   En écoutant Kaddour Dali, décrire Benhaouache, je me suis rappelé et transposé une interview de Louis Van Gaal, ancien entraineur de Bayern Munich, quand il répondait à la question suivante : " Qu’est-ce qui rend Thomas Müller si indispensable alors ?" en disant :  “Il est le seul joueur au monde qui parvient à voir en même temps l’espace, le ballon, ses coéquipiers et ses adversaires. Ajoutez à ça une condition physique de marathonien et un sens du but aiguisé et vous comprendrez mieux ce qui fait la force de ce joueur qui semble venu d’un autre temps.”.

   Mon frère ainé Mohammed Babaghayou, ancien joueur de l'IRBL et de la JSML et inspecteur, retraité, de l'éducation sportive, m'a toujours dit que Moulaye Benahmed, dit George Best, et Benhaouache Ahmed furent parmi ses idoles avec leurs élégance, maitrise et efficacité.

" Il y a eu, certes, une panoplie d'excellents joueurs à travers l'histoire du foot Laghouati, mais ce qui faisait émerger Benhaouache du lot, c'est qu'en plus des autres qualités qui leur sont communes, lui, il maitrisait la "sociométrie", dans ses relations avec ses coéquipiers, et l'anticipation, dans le jeu,que rares sont les joueurs qui en possèdent. ", dixit mon frère Mohammed. 

   Ce vocable de "sociométrie", nouveau pour moi et bien expliqué par mon frère Mohammed, m'a projeté dans le temps pour me rapeler d'une finale de coupe d’inter-quartiers, que j'eus l'honneur de  disputer contre Si H'med Benhaouache au début des année 80, opposant l'équipe du Schettet, la notre, et celle de M'gataa Edhahraoui. Un match très serré, du fait que les deux équipes finalistes se partageaient les joueurs de l'IRBL, équipe élite de l'époque. 

   Ce fut, bel bien, cette qualité qui a permis à Si H'med Benhaouache de renverser la partie en faveur de son équipe pour la conduire à la première marche du podium.  

   Quand l'éducation de la bonne famille, la technique d'un bon joueur, et les facultés intellectuelles d'un bon médecin font bon ménage, le produit d'un tel amalgame, ne fera qu'éblouir les chanceux spectateurs fans du foot, et subjuguer, par sa plume, les lecteurs à l'instar de ceux du blog de Sidielhadjaissa, entre autres. 

   Merci Si H'med pour tout ce que vous avez fait pour notre chère ville, Laghouat, et merci d'être l'exemple pour nous autres étudiants et joueurs, bien après votre génération, qui ont pu croire, grâce à votre palmarès, en la compatibilité, voir la complémentarité, entre les études et le sport. 

   Puisse Allah, le tout puissant, vous accorder un prompt rétablissement.

باسمي و باسم كلّ أصدقاء وقُرّاء هذا المنبر الكريم، و على لسان كلّ مريض كنت سببًا في شفاءه يومًا ما، أتقدّم إليك أخي أحمد بأعزّ التّماني، راجيًا من الله العليّ القدير أن يُشفيك و يشفي جميع مرضى المسلمين، إنّهُ على ذلك قدير و بالإجابة جدير..

و خير دعاء أختم به ؛ دُعاء نبيّنا محمّد عليه أفضل الصّلاة و التّسليم.    

 أذهب الباس رب النّاس، اشف وأنت الشافي، لا شفاء إلا شفاؤك، شفاء لا يغادر سقما  

Rédigé par HMED B.

Publié dans #sport

Repost 0
Commenter cet article

H'med B. 29/01/2014 18:46

Merci à vous chers amis;oui effectivement c'est un vrai gentleman pour qui nous avons du respect,de l'admiration et une grande amitié.Que Dieu lui donne la santé et tout le bonheur du monde.Merci
Abdallah pour cet article reflet de sentiments partagés pour un homme de bien.Nos prières et nos pensées l'accompagnent inchallah vers un prompt rétablissement.

Krim BOUGUERRA 29/01/2014 15:19

Mr.SOUKEHAL a tout dis, seulement je voudrais ajouter que j'ai une grande admiration pour ce personnage, un vrai gentleman, que dieu lui prête une longue vie incha ALLAH.
Krim.

Soukehal Djamal Abdenasser 28/01/2014 18:36

un excellent footballeur ...il aurait pu monnayer ses talents ailleurs ...il ne l'a pas fait pour différentes raisons ....un personnage aimable..gentil ..respectueux ....il n'a jamais pris des
grands airs avec ses amis du Lemgtaa Edhahraoui ...un Monsieur ...un grand Monsieur .....Allah ichafih ....