El Ghabou dans mes lointains souvenirs.

Publié le 17 Juillet 2016

El Ghabou dans mes lointains souvenirs.

Me voila,comme un burnous de laine,ample et blanc
Et tombant élégamment sur un corps plein de grâce;
El Ghabou,c'est bien moi,un notable plein de cran
Et à d'aucune Rue,je ne céderais ma place ...
Ni étroite,ni trop large,ni exactement droite,
Ni trop sinueuse et les moyens font le bon
Et encore,suis-je le fils aîné de Laghouat ,
Puisque je relie les jardins aux sources du Pont...
Je côtoie mon long fleuve qui coule sous la terre
Et mes palmiers,ou ces mats regorgeant de vie,
Font les sentinelles sur mes jardins toujours verts,
Ou ces rideaux,de plantes,excitant les envies...
J'ai eu ce décret de recevoir des notables,
Issus du Rocher et de son haut piédestal,
Là où ils gouvernaient, en vieux cheikhs honorables,
Du haut de la citadelle, posée sur les dalles...
Ma bouche n’était pas celle là, ouverte sur l'artère,
Mon gosier,aussi long,eut été amputé,
Il atteignait la Place,de son eau limpide et claire,
En guise de rivière, désaltérant la Citée...
Je contenais, sans doute,tout le liquide nécessaire
Pour vivifier l'Oasis et les âmes du Rocher
Et moins longue que je suis,cet élixir très cher ,
Continuait de couler,sans jamais débrancher...
La modestie et le prestige faisaient ma devise,
Le vide et le calme,bien plus que la propreté
Et les grands fortunés, qui du temps des crises,
Ripostaient sur la famine et la sobriété...
Les sceaux des dignitaires et des aristocrates,
C’était là leur fief, d’arcades en patios et de cours,
De leurs pas mesurés, commerçants ou bureaucrates,
Sortant de leurs demeures, propres et blancs comme le jour...
C’était souvent là où se combinaient les festins
De ces grandes cuisines que décoraient les servantes,
Blanches ou métissées, qui se levaient de bons matins,
En faisant de leurs doigts, des exquises appétissantes...
Voyez-vous tous ces coins d'où sortaient une pléiade
D'artisans cordonniers, ou de marchands de jouets,
D'agriculteurs acharnés, sans demeurer en rade,
Ou de dignitaires, sans qu'ils agitent les fouets...
Et encore des artistes, comme ce vieux grand luthier,
Et ce comédien boulanger plein d'humour,
Ou toutes ces beautés, qu’on trouvait sur le sentier
Des romans d'amour, inconnus de nos jours...
M.S. Laghouat.


El Ghabou dans mes lointains souvenirs.

Rédigé par HMED B.

Publié dans #Art et culture.

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