Laghouat,son patrimoine,ses beautés si simples d'autrefois.

Publié le 16 Mai 2016

Laghouat,son patrimoine,ses beautés si simples d'autrefois.
Laghouat,son patrimoine,ses beautés si simples d'autrefois.
Laghouat,son patrimoine,ses beautés si simples d'autrefois.

A tous ces vieux habitants,

Du haut des murets tombaient toutes ces grappes et ces branches qui poussaient, se tordaient et s'en allaient pour s'accrocher ailleurs; le "toub",cette terre antique qui s'élevait en vertical ,leur était un autre sol bien plus tiède et bien plus doux, non bêché, celui là ,et qui servait, comme un matelas à leurs feuilles et rameaux encore plus tendres. Parfois, quand on y passait ,nos regards se rehaussaient d'une lucidité visuelle sur ces bandes de glaise bâtarde,faites de parallélépipèdes qui s'étouffaient ou se confondaient et l'on apercevait de cet œil obsédé, un coquillage oblong d'escargot, un débris d'os,un autre de verre d'une couleur transparente ou verdâtre, un morceau de bois,une vieille pièce de monnaie qui avait certainement échappé de la poche du "malaxeur" ...Ces moments d'observation, dignes d'un chimiste, s’interrompaient par les chants des coqs, enfermés quelque part,ou par l'odeur des boucs qui transpiraient, une odeur fétide mais qu'on acceptait, puisque c’était la virilité, les saillies et toute une vie qui évoluait en parallèle....C’était de ces boucs au museaux enflés et la tète motte ,la robe à poils ras ,beige ou d'un blanc aussi sale, qu’en empruntait ou échangeait et qui faisaient toute la joie de ces éleveurs jardiniers. On en voyait de temps à autre de ces mâles caprins, tenus solidement par une corde et qui marchaient pas à pas,avec leur accompagnateur, comme téléguidés par un instinct familier, se trouvant quelque part dans un jardin du voisinage..Les propriétaires étaient connus et se régalaient de cette race

Les hirondelles à Laghouat.

Nous les attendions,comme convenu,ces migrateurs aux robes noires et peu effarouchés de notre présence; elles venaient de loin et quelque fut leur fragilité, elles parcouraient des milliers de kilomètres,dont on ne sait quels risques les attendaient-ils ,ces petits "hirundinidae" qui n'ont de forme que la queue et les ailes ...Nous les accueillions, nous les enfants et les femmes,de nos chants à leur égard,mis à l'image du Prophète,puisque c’était des oiseaux un peu particuliers ,qui inspiraient et le pèlerinage à Médine et la petite famille de Sayidouna Mohamed (Salla Allahou alayi wa Sallam).Par la même,nous leur offrons la sympathie de Fatima Zahra,cette première femme de l'Islam et la première de toutes les femmes .
Elles s'emparaient de nos demeures,durant ces beaux jours de mars,sans façon aucune et choisissent leurs loges faites d'argile aux coins de nos cheminées,sous les poutres de nos plafonds,ou alors dans les recoins de nos couloirs,d'entre les tuyaux d’électricité,apparents à l'époque,ou un peu partout,pourvu qu'elles logent...Elles n'ont point du tout peur de nous et qu'en plus elles fabriquent aussi leurs nids pour leurs poussins à nos portée.Ces hirondelles,à l'époque,étaient les maîtresses de nos maisons;nous les aimions tous de bon cœur,surtout quand nous en attrapions une et qu'on lui imprégnait la poitrine blanche d'une couche de henné, malaxée en l'honneur du Prophète et de sa fille unique .Elles revenaient chaque année et y maintenaient leur droit d'occupation...
...

La rue « Félix ».

Qui dirait plus mieux qu'un romantique,remontant,puis redescendant cette rue,digne d'un quartier de Venise...Il y eut de ces princesses sahariennes,derrière ces murs et ces fenêtres à balcons,garnies de rideaux en soie,audacieusement orientées vers l'extérieur,ornées,en outre,de leurs barreaux plus que fleuris d'un métal forgé ailleurs.Tout un poème d'ombre et de fraîcheur, de lumière tamisée et de pierres et de corniches bien sculptées à la brique,avant tout.....L’être humain y comptait peu,si ce n'est celui de la femme dans toute sa splendeur,pour laquelle on avait tout fait ,tout reconstruit,tout embelli et tout aménagé.C'est bien l'ère d'une renaissance fugitive qui s'évadait de l’Hexagone, qu’on attrapait là,dans ces coins,à la lisière du Sahara et à la bordure de l'Oasis qu'on avait essayé de grignoter....Elle est bien tracée,cette rue,mieux orgueilleusement hissée,sur le bas quartier des Oulad Serghine.Elle est bien tenue,elle est toujours aimable,comme l'une de ses habitantes,merveilleusement chantée et dont les vers ont retenti à partir du grand sud.Oui,mais à quelles heures,toutes ces ambitions,ces amours,ces attitudes prestigieuses qui se tenaient là haut sur des trônes jalousement gardés..C’était tout le début d'un siècle qui recommençait, avec plus de ferveur,de tiédeur et de frénésie silencieuse .Certes,il y eut de cette âme,qui s'appropriait à cette Rue Romantique,féerique et placidement cloîtrée dans son train de vie de grands chefs héréditaires, puisés de quelques rameaux de nos ethnies, qui s'enfonçaient aussi bien loin dans l'histoire

Laghouat,la nuit.

Alors que les étoiles s'allumaient de tout leur éclat au dessus de ce désert blêmissant, ou de cette immensité sans fin,voila qu'apparaissaient,de leurs lignes courbes,zigzagantes, capricieuses, tous ces bords de murs crénelés par le temps et jaunis par le soleil du jour...Les palmiers se voudraient des aigrettes, aux branches en pointe et les collines s'en allaient en courant et en courant,sans jamais s’arrêter dans leur immobilité éternelle qui remplissait l'espace.Faisant suite au calme nocturne,percé par ci,par là ,par les cris sonores des cigales,s'élève tout d'un coup l'appel à la prière du Fadjr et qu'un seul et dernier Muezzin savait chanter de sa voix mystique;c’était El Hadj Bouhafs,ce vieillard au teint cuivré,maigrement solide et qui s'habillait aussi sombrement que tout ce paysage qui dort et qui vient de s'éveiller de ses paroles de panégyriste exercé... M.S.

Rédigé par HMED B.

Publié dans #Art et culture.

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