Cela se passa le 04 décembre 1852.

Publié le 5 Décembre 2015

Cela se passa le 04 décembre 1852.


‘’A ma connaissance, la wilaya de Laghouat est la seule wilaya à avoir deux cimetières de chouhadas. Il y a près de 4 ans, j'ai proposé à Mr Khalfa, responsable de l’organisation nationale des enfants de Moudjahidine, de faire des démarches auprès du ministère des Moujahidine, pour classer Laghouat, ville martyre, pour avoir eu dans son histoire deux batailles féroces : Celle de 1852 et celle de 1954. Mais en vain’’. Tel est le récit d’une Laghouatie déçue.
En effet, en 1851, les habitants de Laghouat, cité antique des Maghraoua, conscients de l'imminence de l'assaut que l'armée française, forte de quelques 8000 soldats, s'apprêtait à lancer contre la ville, ont entrepris résolument et dans la sérénité la résistance populaire menée par le résistant émérite Bennacer Ben-chohra. Une page de l’histoire de l’Algérie qui n’est commémorée pratiquement que par la société civile, notamment l’association 1er Novembre 1954 de la wilaya de Laghouat.
A quelques jours du 163 ème anniversaire de la prise de cette ville martyr, les Laghouatis sont unanimes quand ils évoquent Benacer Ben-chohra : ‘’ S’il y a quelqu’un à qui l’histoire n’a pas rendu justice c’est bien Benacer Benchohra’’. Pour cause ? C’est un meneur d’hommes de la résistance qui a duré 27 années, au sud du pays. Il a été surnommé par les forces coloniales le "marin du désert", pour son agilité, sa stratégie et ses tactiques dans la guerre des dunes sahariennes.
De nos jours, l’histoire de ce résistant émérite, se raconte du père au fils. Le 03 Décembre 1852, l’assaut fut lancé contre la ville de Laghouat sous le commandement du général Pilissier avec son armée forte de 6000 assaillants. Une page ignorée de l’histoire qui constitue pourtant, un des événements les plus marquants de l’histoire de l’Algérie. Les troupes coloniales françaises occupent la ville après des combats sanglants et une farouche résistance populaire. Sous les ordres de Bennaceur Benchohra et Cherif Ben Abdellah, la population de la ville livra une résistance héroïque face à un ennemi dont l’effectif et les moyens mis en œuvre, n’ont en rien entaché le courage des Laghouatis. Le 04 Décembre 1852, Laghouat est prise après de lourdes pertes infligées à l’occupant.
Néanmoins, ce dernier n’a pas pu mettre la main sur les dirigeants de la résistance puisque ceux-ci ont pu s’échapper, à la faveur de la nuit, pour aller continuer leur lutte anticoloniale ailleurs avec d’autres chefs de la. L’horreur vécu par les Laghouatis, et les lourds moyens utilisés par le colonisateur ont fait dire à plusieurs historiens l’assaut était un génocide, d’autre l’ont qualifié d’holocauste. En effet, quelques 3627 ont été tués sur les 6000 habitants. Autrement dit, les deux tiers de la population de la cité antique des Maghraouas qui, ont été atrocement décimé.
Par ailleurs, ces mêmes personnes qui s’intéressent à l’histoire de la région, évoquent l’usage, pour la première fois, de l’arme chimique. On parle d’une sorte de chloroforme qui désintègre tout sur son passage. ‘’Le carnage fut affreux; les habitations, les tentes des étrangers dressées sur les places, les rues, les cours furent jonchées de cadavres. Une statistique faite à tête reposée et d’après les meilleurs renseignements, après la prise, constate le chiffre de 2 300 hommes, femmes ou enfants tués ; mais le chiffre de blessés fut insignifiant, cela se conçoit. Les soldats, furieux d’être canardés par une lucarne, une porte entrebâillée, un trou de la terrasse, se ruaient dans l’intérieur et y lardaient impitoyablement tout ce qui s’y trouvait ; vous comprenez que, dans le désordre, souvent dans l’ombre, ils ne s’attardaient pas à établir de distinction d’âge ni de sexe : ils frappaient partout et sans crier gare !’’ C’est ainsi que l’officier Saint-Arnaud a décrit la prise de Laghouat, à laquelle il a assisté. Pourtant, ce qui resta de la population autochtone, n’a jamais accepté le fait accompli et la résistance au colonisateur n’avait jamais cessé pour autant. Cette résistance permanente, meurtrière mais fructueuse, a contribué, à l’instar du reste du pays, à l’indépendance du pays.
BOUHAMAM AREZKI (Laghouat, le 04/12/2015)

Rédigé par HMED B.

Publié dans #Evénements.

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