C'était le temps de la "Mahadra".(Partie01)

Publié le 1 Mars 2015

C'était le temps de la "Mahadra".(Partie01)

Parfois, les souvenirs de notre enfance bien enfouis au fin fond de notre mémoire, ressortent brusquement sans faire de bruit par la simple évocation d’un mot .Il a suffit d’une rencontre surprise non programmée avec un ami d’enfance Hadj Kouici fils de notre vénérable Cheikh Mabrouk (Allah yarehmou) notre taleb il y a de cela bien longtemps. En discutant ensemble en présence de mes inséparables potes retraités tout en dégustant un délicieux thé vert à la menthe ;,il me rappela un événement à la Mahadra dont j’étais
responsable ;et dont il se rappelait encore cinquante ans après. La« Mahadra » (en arabe qui signifie ,l’école coranique) ,ce lieu qui a lui seul remplit mes souvenirs .C’était au Schettet notre quartier d’avant;j’y avais fait mes premiers pas dans la vie par l’apprentissage .J’y avais aussi fait mes premières connaissances ,des gens autres que ma famille, de l’amitié ,de la rigueur,de la discipline ,de la crainte et du compter sur soi surtout. J’avais cinq ans d’age,je n’allais pas encore à l’école public c’était l’été 1960.En ce temps là quand arrivait la saison chaude ;le Taleb Si Mabrouk (rahimahou Allah),une personnalité atypique incontournable du quartier .Un homme de savoir et de religion ,il était aussi l’ imam de la mosquée ; transférait les cours coraniques de la Mahadra du matin à la terrasse de la mosquée plus fraîche en ces jours de canicule, juste après la prière du Fadjr.Cela nous changeait ,on avait plus d’espace pour nous et de l’air frais à respirer .Nous apprenions nos sourates sur nos grandes planches de bois(laouhates) écrites la veille avec de l’encre spéciale faite maison (le smak)en utilisant une plume spéciale de roseau ,taillée finement(lekloum).Tout allait bien pour moi,les jours se ressemblaient et je n’avais aucun problème . Jusqu’à ce fameux jour ou tout bascula dans la catastrophe.En effet ,profitant de l’inattention du taleb qui ne regardait pas de notre coté ;il était occupé à faire réciter des grands gaillards.Je descendis sur la terrasse du Hammam ,jouxtant celle de la mosquée mais ayant environ un mètre de moins de hauteur .Je voulais montrer ma hardiesse à mes amis en faisant une petite course et des pas de danse qu’ils étaient seuls à voir de là ou ils se trouvaient.Je les voyais rire amusés, quand soudain le sol s’ouvrit sous mes pas et je fus happé vers le bas ,une ouverture qui servait à faire passer la lumière du jour au Hammam et couverte d’un carreau de verre se désintégra sous mes pas,Le verre simple était déjà usé par les intempéries et ne résista pas aux treize ou quatorze kilos que faisait mon poids .Le verre était redevenu sable. J’atterris trois mètres plus bas, sur le dos osseux d’un vieillard qui remplissait un seau d’eau du réservoir de la chambre chaude du Hammam.Il se mit aussitôt à brailler, lançant des cris stridents croyant sans doute être attaqué par un djinn du bain. J’avais une forte trouille,je glissai par terre et sans attendre mon reste ,je tirais la grosse porte et sortis de ce four très chaud et étouffant ou je suffoquais .Le gérant du bain ,une connaissance (Allah yarehmou)qui avait entendu le bruit et les cris du pauvre homme accourait aux nouvelles ,nous tombâmes nez à nez et nos regards se croisèrent .Surpris de me voir devant lui en short et chemisette déchirés par endroit,il me cria : « Que fais tu là chaitane ? D’où sors-tu ?Qu’as –tu fais ?» Je n’avais rien à dire surtout à lui sachant que j’avais causé du dégât et que c’était ma faute même si je ne l’avais nullement préméditer .J’avais trop peur j’évitais Si Chewatah d’un coup de rein et je m’élançais dehors pour fuir cet endroit, fuir surtout la colère du Taleb.Je réfléchissais en courrant,je savais que mon salut était dans la fuite ;le Taleb sitôt au courrant de ma mésaventure enverrait des élèves forts pour me ramener à lui en espérant que je n’étais pas en morceaux. Je pris la rue « Elwilhi » vers le bas ,je courrais de toutes mes forces ,j’avais des égratignures ,mais ce n’était rien ,j’avais chaud ,je haletais .Ma direction ; rahbet Douidi par la rue du bas ,je savais ou aller ,j’avais encore une belle trotte devant moi ,rien qu’un kilomètre à faire pour arriver à ma délivrance .Quand je les ai aperçus par-dessus mon épaule, ils criaient pour que je revienne à environ deux cents mètres derrière .Eux c’étaient les fins limiers du taleb ,ceux qui allaient chercher les absentéistes pour le cheikh,ceux qui te livreraient sans pitié s’ils te mettaient la main dessus .Ce n’était pas le moment de me laisser impressionner ,il fallait me défoncer ,ils courraient vite ,moi aussi et j’étais plus motivé qu’eux. Je ne pensais qu’à la maison de mes parents adoptifs ,j’étais la prunelle de leurs yeux Hadj Med Benzineb et l’Hadja Ma,ilsétaient tout pour moi (Rahimahoum Allah) chez eux j’étais en sécurité et rien ne pourrait m’ar
river.








C'était le temps de la "Mahadra".(Partie01)

Rédigé par HMED B.

Publié dans #Art et culture.

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